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Guitare classique

Main droite à la guitare classique : position, attaques et exercices

Main droite à la guitare classique : position, attaques et exercices

La technique main droite à la guitare classique désigne les gestes qui font vibrer chaque corde : position de la main et du poignet, techniques de jeu apoyando et tirando, alternance des doigts sur la corde, arpège sur un accord. Pour jouer de la guitare, la technique de la main droite fait le son du guitariste, sa vitesse et la régularité de son jeu main droite.

Jouer de la guitare avec une main droite qui sonne repose sur trois points : un poignet souple et un bras droit posé sur la guitare, un mouvement du doigt parti de sa base, un travail lent au métronome pour la technique de la main.

Le reste (vitesse, trémolo, rasgueado, médiator sur guitare folk) vient de là. Conseil pratique : vouloir jouer vite avant que le geste soit propre installe des tensions longues à défaire.

Pourquoi la main droite fait le son du guitariste

Sur l'instrument à cordes nylon, la main gauche choisit la note, mais c'est la main droite qui décide comment elle sonne. Deux guitaristes qui jouent la même pièce sur le même instrument ne produisent pas le même timbre : la différence tient presque entièrement à l'angle d'attaque, à la partie du doigt qui touche la corde, à l'endroit où elle est pincée et à la décontraction du bras droit. Le corps de la guitare, la table d'harmonie et les cordes amplifient ce que la main leur donne, rien de plus.

Beaucoup d'élèves passent leurs premières années à soigner la main gauche, parce que les erreurs y sont visibles : une note qui frise, un barré qui ne sort pas. Les défauts de main droite sont plus discrets. Un son un peu dur, des basses qui écrasent la mélodie, des arpèges irréguliers, une fatigue de l'avant-bras après vingt minutes : ce sont pourtant des signes d'une technique de la main droite à reprendre. Le guitariste qui travaille ce point tôt gagne du temps sur tout le reste de son apprentissage.

La main droite a aussi un rôle rythmique. Elle tient la pulsation, fait entendre les temps forts et les temps faibles, sépare la voix de basse de la mélodie. Sur un arpège de Fernando Sor ou de Mauro Giuliani, c'est elle qui permet d'entendre trois plans sonores avec une seule main. Le jeu polyphonique propre à cet instrument dépend de cette indépendance des doigts.

Position de la main droite : le point de départ de tout le reste

La bonne position de la main droite découle de la posture générale. Assis, guitare posée sur la jambe gauche surélevée par un repose-pied ou soutenue par un support, le bras droit vient se poser sur le bord supérieur de la caisse, à peu près au niveau du coude ou un peu avant. Le poids du bras repose sur l'instrument : la main n'a pas à se tenir en l'air par l'effort de l'épaule. Si ce point d'appui est mal placé, toute la technique de jeu de la main droite en souffre, et la page consacrée à la posture assise et au repose-pied du guitariste détaille ces réglages.

Le poignet et l'avant-bras

Le poignet forme une légère courbe, ni cassé vers le bas ni à plat. Vu de face, la main prolonge l'avant-bras avec un petit angle vers le haut ; vu de côté, le dos de la main reste à peu près parallèle à la table de la guitare. Un poignet très arqué donne de la puissance mais fatigue vite ; un poignet trop droit oblige les doigts à attaquer à plat et rend le son pauvre. Chaque guitariste trouve son réglage selon la longueur de ses doigts, mais la règle reste la même : aucune tension visible dans le poignet au repos.

L'avant-bras reste stable. Il ne pivote pas à chaque note, il ne monte pas et ne descend pas au gré des cordes jouées. Pour passer des cordes graves aux cordes aiguës, c'est la main qui se déplace légèrement depuis le poignet et le coude, sans à-coup. Un mouvement parasite de l'avant-bras à chaque attaque est une des causes classiques de la tendinite chez le guitariste amateur.

Où placer la main au-dessus des cordes

La main se tient en général entre la rosace et le chevalet, plus près de la rosace. Cette zone donne le son de référence de l'instrument : rond, avec assez d'attaque pour projeter. Plus la main se rapproche du chevalet, plus le timbre devient métallique et brillant (on parle de jeu ponticello) ; plus elle remonte vers la touche, plus il devient doux et sombre (tasto). Savoir déplacer la main volontairement fait partie de la technique, mais le point de repos doit rester fixe pour que le son soit constant.

Le pouce se place un peu en avant des autres doigts, côté manche, de façon à ne pas buter contre l'index quand les deux jouent en même temps. Les lettres i, m et a se posent naturellement sur les cordes aiguës, le pouce sur les cordes graves. Dans cette position, chacun doit pouvoir atteindre sa corde sans que la main bouge.

Les noms des doigts et leur rôle

La notation de la main droite utilise des lettres issues de l'espagnol. On les retrouve dans toutes les partitions, toutes les méthodes et tous les cours, il est donc utile de les connaître dès le départ.

LettreDoigtCordes habituellesRôle principal
p (pulgar)pouce4e, 5e, 6ebasses, pulsation, accords plaqués
i (índice)index3e le plus souventmélodie, arpèges, gammes en alternance
m (medio)majeur2e le plus souventmélodie, accompagnement, gammes en alternance
a (anular)annulaire1re le plus souventvoix aiguë, trémolo
c ou chauriculairerarement utilisérasgueado, répertoire contemporain

L'annulaire est le moins indépendant des cinq : ses tendons sont liés à ceux du majeur et de l'auriculaire. C'est pourquoi beaucoup d'exercices de main droite insistent sur lui. Un a faible se reconnaît vite à l'oreille : la note aiguë de l'arpège sort moins fort que les autres, ou en retard.

Apoyando et tirando, les deux attaques de la guitare classique

Toute note jouée par la main droite l'est selon l'une de deux techniques de base. Elles ne s'opposent pas : un guitariste les mélange en permanence, parfois dans la même mesure.

L'apoyando, ou butée

Dans l'apoyando (on dit aussi « butée » ou attaque appuyée), l'index pince la corde puis vient se poser sur la corde suivante, celle qui est plus grave. Il « bute » contre elle. La corde est poussée vers la table d'harmonie avant d'être relâchée, ce qui donne un son plein, puissant, chargé en fondamentale. C'est l'attaque des lignes mélodiques qu'on veut mettre en avant, des gammes lentes et de nombreux passages de la guitare flamenco, où elle sert à la vitesse.

Pour la travailler, on pose le pouce sur la sixième corde comme appui, on place l'index sur la deuxième corde et on traverse la corde en direction de la troisième, sur laquelle le doigt s'arrête. Le mouvement part de la première articulation, à la base, pas du bout. L'ongle et la chair glissent sur la corde ; il ne doit pas l'accrocher ni la tirer vers le haut.

Le tirando, ou buté libre

Dans le tirando (attaque libre, ou « buté libre »), le majeur pince la corde et passe au-dessus de la corde suivante sans la toucher, en remontant légèrement vers la paume de la main. Le son est un peu moins puissant mais plus léger, et surtout il laisse vibrer les cordes voisines. C'est l'attaque des arpèges, des accords, de tous les passages où plusieurs notes doivent résonner ensemble. On estime souvent que la grande partie du répertoire classique se joue en tirando.

La difficulté du tirando est de garder un son plein alors que rien ne sert d'appui. Le défaut habituel consiste à tirer la corde vers le haut, comme un crochet : la corde vient alors claquer contre les frettes. Le bon geste reste orienté vers l'intérieur de la caisse, avec une phalange qui se plie depuis la base et qui suit une courbe.

CritèreApoyandoTirando
Fin du gesteappui sur la corde suivantepassage au-dessus, retour vers la paume
Sonplein, puissant, chaudplus léger, résonance des cordes voisines
Usage typemélodie à faire chanter, gammes, flamencoarpèges, accords, polyphonie
Défaut fréquentphalange qui s'écrase et étouffe la corde suivante quand elle devait sonnercorde tirée vers le haut, son qui claque
À travailler d'abordpour comprendre la poussée vers la tablepour l'indépendance et la vitesse

Le pouce connaît lui aussi les deux attaques. En apoyando, il traverse sa corde et vient se poser sur la corde aiguë voisine, ce qui sert à faire ressortir une basse mélodique. En tirando, il passe au-dessus, en un petit mouvement circulaire, pour laisser sonner l'accord. Dans les deux cas, le mouvement part de l'articulation de la base du pouce, près du poignet, et non de la dernière phalange.

Comment attaquer la corde : chair, ongle et angle

La technique moderne attaque la corde avec un mélange de chair et d'ongle. La pulpe touche d'abord la corde, côté gauche du bout du doigt (pour un droitier), puis la corde glisse le long de l'ongle et s'en échappe. La chair donne la rondeur, l'ongle donne la clarté et la projection. Un son fait uniquement à l'ongle est aigrelet ; un son fait uniquement à la chair est doux mais porte peu.

Cette question a une histoire. Au début du XIXe siècle, Fernando Sor défendait un jeu sans ongles, à la chair, quand son contemporain Dionisio Aguado jouait avec les ongles. Le débat s'est longtemps poursuivi, et aujourd'hui la plupart des concertistes jouent avec des ongles entretenus, tandis que d'autres, notamment dans le répertoire de la guitare baroque ou par choix de timbre, restent à la chair. La forme, la longueur et le limage sont traités sur la page quelle forme et quelle longueur donner aux ongles.

L'angle d'attaque compte autant que la matière. Une main légèrement inclinée, l'index arrivant de biais sur la corde, donne un son plus rond ; une attaque perpendiculaire donne un son plus direct et plus sec. Le guitariste peut faire varier cet angle pour changer de couleur sans déplacer la main. La règle de base : la corde doit être poussée vers la table d'harmonie, pas tirée vers soi. Une corde qui vibre parallèlement à la table, en largeur, frise contre les frettes ; une corde qui vibre perpendiculairement, en profondeur, met la table en mouvement et projette.

La préparation joue aussi. Avant de pincer, la phalange vient se poser brièvement sur la corde (on parle de « préparation » ou de « plantage »). Ce contact prépare l'angle et la pression, et il évite le bruit de l'ongle qui frappe la corde en arrivant. Dans les passages rapides, la préparation devient presque invisible, mais elle reste dans le geste.

Arpèges : l'exercice de référence pour la main droite

Ces formules sont le terrain où la main droite apprend l'indépendance. Ils demandent à chaque doigt de jouer sa corde à son tour, avec la même intensité et dans le temps. Le pouce tient la basse, i, m et a se répartissent les trois cordes aiguës.

Les formules de base

Sur un accord simple de main gauche, voire sur les cordes à vide, on commence par la formule p-i-m-a : pouce sur la cinquième ou la sixième corde, index sur la troisième, majeur sur la deuxième, annulaire sur la première. Puis p-a-m-i, qui redescend. Puis p-i-m-a-m-i, qui monte et redescend. Chaque formule se joue d'abord très lentement, à 60 à la noire au métronome, une note par temps, en écoutant que les quatre notes aient le même volume.

Viennent ensuite les formules où plusieurs doigts jouent ensemble : p et a simultanés, puis i et m ; ou p seul, puis i-m-a plaqués. Ces formules préparent les accompagnements et les pièces polyphoniques. Les études de Matteo Carcassi, de Mauro Giuliani (les 120 exercices de son opus 1 sont un classique du genre) ou de Heitor Villa-Lobos (étude no 1) sont construites sur ce principe.

Faire chanter la note aiguë

Une formule bien jouée laisse chaque note vibrer jusqu'à la suivante. Aucune phalange ne doit donc toucher la corde qu'une autre vient de jouer : c'est le tirando qui s'impose ici. Il faut aussi faire entendre la mélodie quand elle se trouve dans la formule, souvent sur la note jouée par a, en la sortant un peu plus fort que les autres. Cette différence de dynamique entre les doigts est un des signes d'une main droite avancée.

Gammes et alternance des doigts

Pour jouer une mélodie ou une gamme, la main droite n'utilise pas un seul doigt mais alterne : i-m, m-i, puis plus tard a-m, i-a ou i-m-a. Cette alternance est le principe de base du jeu mélodique. Jouer une gamme avec l'index seul est lent, fatigant et irrégulier.

Le travail commence sur une corde à vide : i-m-i-m en apoyando, régulièrement, en vérifiant que les deux doigts donnent le même son. Puis on change de corde : la difficulté est alors de passer d'une corde à la suivante sans accrocher ni rater la nouvelle corde. Le changement de corde se fait mieux quand c'est le majeur, plus long, qui monte vers une corde plus grave, et l'index qui redescend ; ce n'est pas une règle absolue, mais elle évite les croisements inconfortables. Les exercices de gammes essentielles de la guitare classique s'appuient sur cette alternance.

Le pouce peut aussi jouer des notes mélodiques sur les cordes graves, en alternance avec l'index par exemple (p-i-p-i), ce qui donne une couleur différente et soulage les doigts dans certains passages.

Améliorer le jeu de la main droite : dynamique, timbre et régularité

Une fois les gestes de base en place, l'enjeu devient de faire de la main droite un outil expressif. Trois paramètres sont à travailler, qui reviennent dans tous les cours de guitare de bon niveau.

La dynamique. La même main doit pouvoir jouer très fort et très doux. Le fort ne s'obtient pas en crispant les doigts, mais en enfonçant davantage la corde vers la table avant de la relâcher et en utilisant le poids de la main. Le doux demande une attaque plus courte et plus superficielle, sans perdre la clarté. Un exercice simple : jouer une gamme en crescendo sur huit notes, puis en decrescendo, sans que la régularité rythmique bouge.

Le timbre. En déplaçant la main entre le chevalet et la touche, et en changeant l'angle d'attaque, le guitariste change de couleur. Les partitions l'indiquent parfois (sul ponticello, sul tasto, dolce), mais il revient souvent au guitariste de choisir. Travailler une même phrase dans trois couleurs différentes est un bon exercice d'écoute.

La régularité. C'est la qualité la plus difficile à obtenir et la plus vite remarquée par l'auditeur. Elle se travaille au métronome, à tempo lent, en augmentant la vitesse par petits paliers. Pour monter en tempo sans perdre la qualité du son, les exercices de vélocité au métronome donnent une progression adaptée. S'enregistrer reste le moyen le plus efficace de repérer une note plus faible, un doigt en retard ou une basse trop forte : en jouant, on n'entend pas tout.

Diagnostiquer ce qui ne va pas dans la main droite

Avant de multiplier les exercices, il est utile d'identifier le défaut précis. Les symptômes à l'oreille renvoient souvent à une cause dans le geste.

  • Le son est dur, métallique : trop d'ongle et pas assez de chair, ongle mal limé, main trop près du chevalet, ou corde tirée vers le haut.
  • Le son est faible et étouffé : pulpe qui arrive à plat, poignet trop affaissé, corde qui n'est pas poussée vers l'intérieur de la caisse.
  • Les cordes frisent ou claquent : la corde est tirée vers soi au lieu d'être enfoncée ; elle vibre en largeur et frappe les frettes.
  • Les arpèges sont inégaux : annulaire faible, ou main qui bouge à chaque note. Travailler p-a-m-i lentement en isolant a.
  • Le pouce écrase la mélodie : la basse est jouée en apoyando sans raison ou avec trop de poids. Revenir au tirando du pouce.
  • L'avant-bras fatigue vite : tension dans le poignet ou dans l'épaule, bras qui ne repose pas sur la caisse, mouvements parasites.

Le médiator n'entre pas dans ce diagnostic, propre au jeu aux doigts. La fatigue et la douleur ne sont pas des signes de progrès. Une gêne qui revient à chaque séance dans le poignet, l'avant-bras ou le coude droit doit faire revoir la position et le temps de travail, comme l'explique la page sur les gestes pour prévenir une tendinite. Mieux vaut trois séances courtes et détendues qu'une longue séance crispée.

Un programme d'exercices pour travailler la technique main droite

Voici, à titre indicatif, une progression facile à suivre sur plusieurs semaines, à adapter selon son niveau ; elle reprend les conseils des sections précédentes de cet article. Elle demande quinze à vingt minutes par jour en début de séance, avant de travailler les morceaux. L'important est la régularité, pas la durée.

  1. Apoyando, i-m, sans main gauche. Sur la première, puis la deuxième corde, en noires à 60. Chercher deux sons identiques et un poignet immobile.
  2. Tirando, i-m puis m-a. Même tempo. Vérifier que l'index ou le majeur passe au-dessus de la corde suivante sans la toucher.
  3. Pouce seul en tirando. Sur les sixième, cinquième et quatrième cordes, en laissant sonner. Le mouvement part de la base du pouce.
  4. Formules p-i-m-a et p-a-m-i. D'abord sans main gauche, puis sur un accord de mi mineur ou de la mineur. Viser l'égalité des quatre notes.
  5. Mélodie dans la formule. Même enchaînement, en sortant un peu plus fort la note jouée par a.
  6. Changements de corde en alternance. Une gamme de do majeur sur la première position, i-m puis m-i, apoyando puis tirando.
  7. Dynamique. La même gamme en crescendo et decrescendo, puis en changeant la position de la main entre chevalet et touche.
  8. Montée en vitesse. Seulement quand tout ce qui précède est propre : quatre battements de métronome de plus par semaine.

Une étude simple appliquée à ce programme rend le travail plus musical. Les études de Sor et de Carcassi pour débutants, ou l'étude en mi mineur de Francisco Tárrega, mettent en œuvre ces formules dans un vrai morceau. Plusieurs de ces pièces figurent dans la liste des morceaux de guitare classique pour débutant.

Le rôle de la main gauche dans le travail de la main droite

La main droite et la main gauche ne se travaillent pas tout à fait séparément. Une note mal tenue par la main gauche sonnera mal quelle que soit la qualité de l'attaque, et une main gauche qui arrive en retard oblige la main droite à attendre. La synchronisation des deux mains est un point de travail en soi : la note doit être posée par la main gauche un instant avant que la main droite l'attaque.

C'est pourquoi les premiers exercices de main droite se font sans main gauche : ils isolent le geste et retirent la difficulté de la main gauche. Une fois le geste acquis, on ajoute des accords simples, puis des changements d'accords, puis des gammes. À chaque étape, on vérifie que la qualité du son de la main droite ne se dégrade pas quand la main gauche se complique : c'est souvent là que les tensions reviennent.

Techniques avancées : trémolo, rasgueado et étouffements

Quand les bases sont solides, la main droite peut aborder des techniques plus spécifiques.

Le trémolo fait répéter rapidement la même note mélodique par a, m et i, en alternance avec une basse au pouce (formule p-a-m-i). Il donne l'illusion d'une note tenue. Recuerdos de la Alhambra de Tárrega en est l'exemple le plus connu. Il demande une régularité parfaite entre les trois doigts.

Le rasgueado vient de la guitare flamenco : les doigts se déplient l'un après l'autre en balayant les cordes, du grave vers l'aigu, souvent à partir de l'auriculaire. Il produit un roulement d'accords très énergique. Les détails de cette technique sont abordés sur la page consacrée à découvrir la guitare flamenco.

Les étouffements consistent à arrêter le son d'une corde avec la main droite, le plus souvent avec le pouce ou la paume de la main. Ils servent à nettoyer les basses qui ne doivent plus sonner et à marquer les silences. Une variante, le pizzicato, consiste à poser la tranche de la paume près du chevalet pour obtenir un son court et sourd, proche du palm mute des guitaristes électriques.

Main droite à la guitare folk : médiator, doigts et petit doigt posé

Les techniques décrites plus haut sont propres à l'instrument à cordes nylon. Sur une guitare acoustique folk à cordes acier, la main droite fonctionne autrement, et beaucoup de guitaristes passent d'un instrument à l'autre.

Le médiator, absent du jeu classique, est l'outil principal de la guitare folk et de nombreux styles de musique. Il se tient entre le pouce et l'index, la pointe dépassant de quelques millimètres. Utiliser le médiator avec la main droite demande un poignet souple qui balaie les cordes de haut en bas et de bas en haut, en coups réguliers. L'aller (vers le bas) et le retour (vers le haut) ont des rôles rythmiques différents : les temps sont souvent joués vers le bas, les contretemps vers le haut. La main continue à osciller même quand elle ne touche pas les cordes, pour garder le tempo.

En jeu aux doigts sur une guitare folk (le fingerpicking), beaucoup de guitaristes posent le petit doigt ou la paume sur la table, près de la rosace ou du chevalet, pour se repérer. C'est la « technique du petit doigt » que décrivent de nombreuses méthodes de guitare acoustique, ou celle de la paume posée. Ce point d'ancrage aide à ne pas se tromper de corde, mais il limite la liberté de la main. En guitare classique, on l'évite : la main reste libre au-dessus des cordes pour pouvoir déplacer l'attaque et utiliser l'annulaire sans contrainte. Les particularités de ces instruments sont présentées sur la page consacrée à la guitare acoustique folk et ses cordes acier.

Le passage de la folk au nylon demande donc de réapprendre une partie de la main droite : abandonner l'appui sur la table, travailler l'apoyando, apprendre à jouer avec les ongles plutôt qu'avec un médiator. L'inverse est vrai aussi : un guitariste habitué au nylon qui prend un médiator pour la première fois doit trouver un geste de poignet qu'il n'a jamais utilisé.

Apprendre seul ou avec un professeur

La technique de la main droite est un des domaines où un regard extérieur est le plus utile. Les défauts de position se voient mieux de face que depuis le point de vue du guitariste, et un professeur repère en quelques minutes un poignet cassé, un pouce mal placé ou une attaque tirée vers le haut. Les méthodes et les vidéos montrent le geste, mais elles ne corrigent pas.

Seul, on peut compenser en partie avec un miroir et la vidéo : se filmer de face et de côté, à la hauteur de la main droite, et comparer avec les positions décrites dans les méthodes. Il est aussi utile de travailler avec un métronome dès le premier jour, pour ne pas installer d'irrégularités. Les différentes manières d'apprendre (conservatoire, professeur particulier, cours en ligne) sont comparées dans le dossier trouver un cours de guitare classique.

À propos des méthodes écrites, cet article ne remplace pas un livre, et les autres pages de ce site non plus. Les ouvrages de référence restent une bonne base : la Méthode pour la guitare de Fernando Sor, publiée à Paris en 1830, et la méthode d'Aguado donnent déjà des conseils très précis sur la position de la main droite. Les méthodes modernes, comme celles d'Abel Carlevaro ou de Scott Tennant (Pumping Nylon), décomposent les mouvements de façon plus analytique et proposent de nombreux exercices de guitare.

Quand la technique main droite pose problème, et ce qu'on y peut

Certaines difficultés reviennent chez presque tous les guitaristes, quel que soit leur niveau. Le premier est la vitesse : on veut jouer vite avant que le geste soit stable, et l'on installe ainsi des crispations. La seule réponse connue est le travail lent, au métronome, avec des augmentations très progressives.

Le second est la confusion entre force et tension. Un son puissant ne vient pas d'une main dure, mais d'une corde bien enfoncée vers la table et relâchée au bon moment. Les guitaristes qui serrent la main pour jouer fort obtiennent un son dur et se fatiguent vite.

Le troisième est l'oubli de la main droite au profit de la main gauche, déjà évoqué. Prendre l'habitude de commencer chaque séance par cinq minutes de main droite seule, sur cordes à vide, change beaucoup de choses en quelques mois. Un guitariste qui écoute attentivement ce que produit chaque doigt finit par corriger seul la plupart de ses défauts.

Main droite : les doutes qui reviennent chez les élèves

Faut-il des ongles pour jouer de la guitare classique ?

Non, mais la plupart des guitaristes classiques en utilisent. Les ongles donnent plus de projection et de clarté ; le jeu à la chair donne un son plus doux et plus intime. Fernando Sor jouait sans ongles. Le choix dépend du répertoire, de la forme des ongles et du son recherché.

Apoyando ou tirando : par quoi commencer ?

Beaucoup de professeurs commencent par l'apoyando, parce que le doigt qui se pose sur la corde suivante fait comprendre la poussée vers la table et donne vite un son plein. Le tirando suit rapidement, puisque les arpèges en dépendent. Les deux doivent être travaillés en parallèle dès les premiers mois.

Combien de temps pour avoir une bonne technique main droite ?

Il n'existe pas de durée fixe. Avec un travail quotidien et régulier, les bases de la position et des deux attaques s'installent en quelques mois ; la régularité, la dynamique et la vitesse se développent pendant des années. Le rythme dépend surtout de la qualité du travail lent.

Peut-on poser le petit doigt sur la table en guitare classique ?

C'est déconseillé en guitare classique, car cela fige la main et gêne l'annulaire et le déplacement de l'attaque entre chevalet et touche. Cette technique d'ancrage est en revanche courante en guitare folk jouée aux doigts.

Peut-on utiliser un médiator sur une guitare classique ?

C'est possible, mais rare : le répertoire classique repose sur le jeu polyphonique aux doigts, que le médiator ne permet pas. Le médiator s'utilise surtout sur la guitare folk et la guitare électrique.

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